Livre ou pas livre ?

jeudi 31 mai 2012. Livre ou pas livre ?

Ceci est une enquête destinée à tout lecteur de cet article : J’ai écrit ce blog parce-que j’avais du plaisir à partager nos expériences, qu’ il constituait un lien avec ceux qui nous suivaient, et parce qu’il répondait à un besoin d’avoir une occupation structurée, en plus du plaisir d’écrire et de la volonté de garder une trace. Le résultat, maintenant assez dense, représente une somme colossale de soirées, d’heures, de photos et de réflexions autour de notre aventure. Alors quoi en faire maintenant ? Est-ce que au dela de la manière dont il est écrit, il se prête à devenir éventuellement un livre pour d’illustres lecteurs qui ne me connaissent pas du tout ? Est-t-il intéressant pour mériter se ranger à côté des innombrables livres écrits par ceux qui font ce type d’expérience, souvent de façon beaucoup plus routarde ?

Je ne suis pas objectif, alors votre avis m’intéresse. Merci de poster celui-ci, de me donner vos idées (vos éditeurs favoris ?), je vous en serais très reconnaissant d’avoir pris cette peine et ce temps.

Pour le blog, il va encore s’enrichir de quelques articles à écrire sur les bonnes astuces, le budget, la gestion des aléas, à destination de futurs « tourdumondistes », puis il arrêtera son aventure faute de carburant …

Merci beaucoup

Nicolas

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Le retour, comment ça se passe ?

mercredi 30 mai 2012. Le retour, comment ça se passe ?

le nouveau monde c’est fini, place à notre vieille europe…

 

la question la plus couramment posée, dans ce mois de retour au bercail, est « comment se passe le retour, ça doit être drôlement dur de retomber dans ses habitudes !! » Et bien un mois après être rentré, je peux répondre que pas du tout… D’abord parce-que nous avions envie de rentrer, et que retrouver notre maison a été une grande joie. Je plaisante souvent en disant que notre meilleur échange c’est notre maison…mais je le pense !! Il est paradoxal de constater que pourtant « ancré à mon village », je n’ai pas souffert de la séparation…J’ai apprécié la découverte et le bol d’air, sans regretter mon cadre quotidien et mes attaches. Cependant, y revenir est devenu un besoin grandissant les derniers mois, et finalement une grande joie. Nous avons en Haute-Savoie un cadre exceptionnel, l’ensemble des gens avec lesquels nous avons échangé l’ont souligné. Mais plus encore, ce cadre verdoyant du mois de Mai a été générateur pour des organismes fatigués de ne jamais avoir de base fixe durable.

julia ravie d’aller à l’école avec sa cousine clémentine

Ainsi : Julia a commencé l’école (petite section, qu’elle aurait intégré en Septembre sans le voyage) sans aucune difficulté, dans la roue de sa cousine Clémentine. L’institutrice a souligné son adaptation immédiate comme si elle était là depuis le début de l’année…

Karina a immédiatement pris les contacts nécessaires pour lancer son activité de Naturopathe, et a pris en mains le Jardin.

la cabane de Julia, promesse du retour…respectée!!

Et moi…j’ai repris tout le bricolage et entretien laissé en arrière pour le voyage avec joie, avec en commande une belle cabane pour Julia et des bacs paysagers pour le jardin en hauteur. Le mois de Mai a passé incroyablement vite, beaucoup plus que si nous étions encore en voyage. Il a été également rythmé par de nombreuses rencontres, mais il nous reste beaucoup de gens à voir.

En conclusion, c’est plus rapide pour les gens qui restent que ceux qui partent, mais ceux qui reviennent se retrouvent immédiatement au même rythme que ceux qui sont resté… peu de voyageurs se donnent la peine d’écrire sur les conditions de leur retour, je tenais à faire cet article, pour démystifier « l’horreur du retour ». C’est au contraire une joie, de retrouver famille et amis, maison arbres et jardin…

la famille nous attendait de pied ferme…pour fêter l’anniversaire à Karina!!

 

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Dimanche 06 Mai. Si j’étais président…

Dimanche 06 Mai. Si j’étais président…

Depuis notre retour, j’ai une drôle d’idée en tête : en cette semaine de dernière ligne droite avant les présidentielles, je m’interroge sur comment le voyage a influencé ma manière de voir la société, et quelles demandes particulières je pourrais faire valoir pour les derniers arguments de campagne de nos chers présidentiables ! Démarche ambitieuse, voire prétentieuse…si ce n’était la pauvreté extrême du projet de société que nous ont présenté nos présidentiables ! Dans ces conditions, tout est bon à prendre, et je me lance tant qu’il est encore temps pour eux d’en profiter !! (Des fois qu’ils suivent mon blog !!)

Dans le désordre :

         Promotion de la maison en bois : nous faisons figure d’exception avec nos maisons en béton. J’ai été surpris de constater que la maison bois n’était pas réservée à l’Amérique du nord, et que le principe de structures légères avec peu de fondations était quasi général à tous les pays visités. Le bois est un matériau renouvelable, et ses possibilités d’emploi sont incroyables. Alors, pour sauvegarder nos maçons (dieu sait que je les aime…) faisons de beaux sous-sols en maçonnerie, et posons des structures bois, isolées en bois !! Le nec plus ultra serait de bénéficier de filières françaises, évitant de voir tous nos produits bois élaborés avoir fait plus de 2000 km avant de pouvoir se poser…l’art de construire des maisons béton à la française (à l’italienne ? ) pourrait continuer à se développer, au service du semi-collectif.

        Les jeux d’enfant vécus comme un lieu à vocation sociale et éducative :

« petit » jeu d’enfants: propre et net, avec barbecues derrière…(Australie)

il est frappant de constater la densité de jeux d’enfants, et leur qualité, dans tous les pays visités. Moi qui n’étais absolument pas sensible à cela, 1 an passé avec ma fille m’a sensibilisé à l’importance de ces espaces, et la vie sociale qui s’y déroule. Une bonne partie de nos rencontres est partie de Julia, de notre volonté de lui faire rencontrer des enfants de son âge. Nous avons « visité » et pratiqué peut-être presque une centaine de « plaza-baff » (nom donné par Julia aux jeux d’enfants, dérivé du polonais), et nous en avons trouvé jusque dans les coins les plus reculés et improbables. Une vie sociale importante s’y déroule, à travers le croisement des enfants et des parents protecteurs…d’autre part, ces aires de jeu avaient bien souvent une grande qualité, ainsi que des tables de piquenique, des barbecue…nous avons en tous cas une marge de progrès bien réelle.

         Des voitures françaises partout dans le monde…une économie certaine et rapide sur la consommation de pétrole serait de généraliser un parc de véhicule proche du standard des voitures françaises.la meilleure voiture de notre échange était…une Peugeot 308 !! j’ai constaté le décalage des parcs automobiles des différents pays, et une performance des véhicules plutôt médiocre par rapport au standard de nos voitures. Alors, roulons français dans tous les pays !! il y a une économie certaine et même majeure à faire dans certains pays…(les USA en tête bien sûr !!)

       Une éducation à l’alimentation faite de façon prioritaire, et financée par la diminution des remboursements de sécu…nous ne nous représentons pas assez la chance que nous avons en Haute-Savoie, de pouvoir bien manger. La mauvaise qualité de l’alimentation disponible et les habitudes incroyablement mauvaises des consommateurs des différents pays est l’un des chocs de ce voyage. Greffer une addition financière des frais de santé induit sur les habitudes désastreuses doit représenter une addition colossale…Alors faisons la promotion de pratiques agricoles vertueuses, redonnons sa place aux circuits courts et aux marchés approvisionnés par les espaces agricoles autour des villes, et luttons contre la malbouffe industrielle. Le simple fait d’y consacrer un pourcentage des frais de santé économisés permettrait de le faire à une échelle majeure. Oui mais voilà, ceux qui nous polluent et ceux qui nous soignent sont bien souvent cousins, et l’industrie agro-alimentaire représente un poids et une source de profit assez phénoménale. Il faut redonner du sens à tout-cela, et endiguer le gâchis de la jeunesse impotente. Stop aux chips, vive les patates ! Apprenons à manger à nos jeunes, la loi du consommateur finira bien par faire plier ceux qui nous empoisonnent à coup de graisses et de sucres.

        Au titre du plaisir de manger sainement, autant il est agréable de découvrir le monde avec des moyens modernes de communication, autant il est frustrant d’avoir l’impression de ne pas avoir changé de pays en allant au supermarché. A l’image de « Coca-cola », un certain nombre de marques nous ont suivi partout…(sauf en grêce peut-être). Afin d’être attractif, cultivons nos différences et notre régionalisme, il en restera toujours du plaisir. Il fait bon rentrer au pays et manger autre chose que du chedar rouge.

         Le principal me semble être une notion de bon sens…une gestion de « bon père de famille ». Comme dans un ménage, un pays ne peux pas dépenser plus qu’il ne gagne. A l’évidence, la croissance ne s’obtiendra que grâce à une alchimie très fine, et nous n’avons plus un jeu de carte très somptueux dans la manche. L’économie mondiale est en train de changer de polarité. Alors, il semble temps de redonner confiance sur la capacité de gérer selon ses moyens, et de ne pas systématiquement assujettir des budgets à de futures rentrées fiscales trop fortes, pour finalement ne pas boucler les fins de mois. Ce qui semble du bon sens est pourtant loin d’être vrai ces dernières années, et de nombreuses personnes dans les pays que nous avons traversés étaient incrédules sur le fondement même de la crise de la dette. Il semble que le « parler vrai » manque cruellement, et personnellement je préfère entendre un discours d’austérité justifié et crédible que des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient…j’ai entendu plusieurs avis sévères sur la gestion européenne qui nous a conduit à la situation actuelle, et notre image est dégradée. Parlons vrai, une crise qui dure est une remise en cause, pas un accident.

         Le savoir-vivre à la française…c’est un atout majeur, indéniable, et colossal. Il faut avoir passé ces 11 mois à la recherche d’un bon resto et d’un air d’accordéon pour le comprendre.

première « kermesse » avec mon copain Thierry, Mai 2012…musiciens, tripes et rouge qui tache.

Nous bénéficions aussi du « retour positif » de tous ceux avec lesquels nous avons échangé. mais l’élégance française ne doit pas appartenir au passé. Nous avons vraiment pris des leçons de « savoir-vivre », de courtoisie et de qualité de service à de multiples reprises : des gens simples, qui vous accueillent comme un vrai invité, vous font part de beaucoup d’attention et de disponibilité. Bien évidemment de manière extrême au Japon, mais aussi de manière forte dans tous les pays. Il m’a souvent semblé que les gens que nous côtoyions étaient plus présents, moins stressés,  plus impliqués. Je crois plus que jamais que la carte du tourisme avec le label « qualité de vie à la française » est un atout majeur, et doit  bénéficier de toute notre attention. Beaucoup de lieux visités nous ont démontré une grande imagination, beaucoup d’innovation, pour un produit quelquefois moyen comparé aux atouts de notre tourisme (exemple : la richesse architecturale de nos villes). La même attention et inventivité appliquée à notre tourisme, waouh !! Un exemple : Hakone, avec une carte récapitulant l’ensemble des attractions majeures de la région, l’ensemble des moyens de transport, et un « pass » donnant la gratuité d’accès à l’ensemble des bus, téléphériques, bateau, train…plus des réductions dans les musés !! Je ne sais pas comment a été organisé ce pass, qui rassemble un grand nombre d’institutions, mais imaginons un pass d’une semaine qui donne droit à l’ensemble des stations de ski savoyardes, bus et trains au départ de Lyon par exemple !! autre exemple, toujours japonais, le Japan Rail Pass. Une efficacité incroyable, sans soucis, avec une grande liberté.

        Au titre du savoir vivre, remettons nous en cause sur nos attitudes d’accueil et de prise en charge de l’étranger. Quantité d’expériences nous ont surprises, en nous disant que ça ne se passerait pas comme cela en France. Bénéficiant d’un environnement exceptionnel, nous vivons sur nos acquis et sommes loin derrière le soin apporté par des pays moins attractifs que nous. Sachons nous remettre en cause, et perdre un peu le mauvais côté du franchouillard…nous avons beaucoup à y gagner.

        La simplicité…souvent, nous nous sommes dit que quelque chose était plus simple que chez nous. Via l’empilement des institutions et administrations, ainsi que la décentralisation, la France est le champion du compliqué et du « multicouche », que certains appellent le mille-feuille à la française. Pour m’être intéressé par exemple à la façon dont l’impôt était perçu, au droit du travail ou au remboursement des soins, faire français rime avec faire compliqué. Retrouver le chemin de l’efficacité, en particulier dans les services publics, semble un défi énorme. Voyager et s’inspirer de l’étranger permet d’apprécier notre large de progression…en commençant par l’accueil et la prise en charge des personnes .

Voilà, c’est le principal de ce qui me vient à l’esprit… tout ne se résume bien sûr pas à cela, mais c’est un bon début pour les premiers mois de mandat de notre nouveau président. Et s’il veut monter des missions d’étude ; je veux bien m’occuper de proposer les destinations !!!

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merci à tous…

merci à tous, qui nous avez prêté votre maison, votre temps, vos objets préférés, ou votre histoire… la liste est longue et j’en oublierais certainement, mais nous vous sommes infiniment reconnaissant d’avoir tous contribué au succès de notre aventure.

Alors oui, Inge et Tim, Nicole et Alain, Nadia et Philippe, sans oublier Odette, Pat et Ken,Tricia et John, Inga et Mark,Suzan et Jeff, Desirae, Karen et Ted, Karen et Grant, Louise et William, Albert et Nadia,Boubou et ses parents,Julie et David, Barbara et John, Kyoko, Mayumi, Egui, Lybbie et Jun,et encore beaucoup d’autres…nous vous devons beaucoup, nous vous devons un morceau de notre vie, et les yeux de Julia sur le monde!!

A great thanks to all the people with wich we had a home swapping, or simply a few nights with your hospitality… We are very  grateful because you made our dream a reality.

We hope to meet you again, and we are happy to go back home in our nice country, after a lot of pictures of your country.

Sincerely, thank-you!!
Julia, Karina and Nicolas

pour le plaisir, un album photo de nos échanges: Afficher l’album

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Mardi 01 Mai 2012. La boucle est bouclée…

julia, Tour du mondiste à 3ans et demi…

 

à 10000m d’altitude, quelque part dans l’hémisphère nord….

Nous sommes à 10000m d’altitude, au-dessus de la Sibérie. Cette fois, ça sent l’écurie…dans quelques heures, en atterrissant à Heathrow Airport, la boucle sera bouclée. 11 mois de pérégrination, et le challenge du retour devant…c’est aussi l’heure du bilan du voyage, de ce qu’il a apporté.

 

La première chose qui me vient à l’esprit, est celle qui m’avait inspiré l’article « à mi-parcours » : une prise de conscience du rapport de forces sur l’échiquier mondial, de ce que représente ce « nouveau-monde » par rapport à notre vieille Europe. Je n’y reviens pas plus, mais pour moi c’est le principal enseignement de ce voyage, tout en étant conscient qu’il me manque le regard des continents asiatiques et indiens pour compléter cette prise de conscience. La Chine, prochain voyage ?
la deuxième chose, c’est le sentiment d’avoir eu une grande richesse de rencontres, de s’être nourri des vies côtoyées. En particulier, nous avons croisé des amis qui nous ont illustré ce que j’appelle le « déterminisme » :

MArc, Consultant en Innovation, reconverti en professeur de pêche à la mouche…

la capacité à assumer des choix, à peser sur son cadre quotidien par des décisions fortes, qui dépassent la notion de sécurité ou de confort. Il ne s’agit pas d’un manque d’ambition mais plutôt d’un système de priorités qui ne s’inscrit pas forcément dans un cadre conventionnel. Ainsi par exemple d’un Jun et Lybbie qui partent 9 mois en Amérique du Sud parce qu’ils craignent de tomber dans une routine avilissante, d’un Nick et Melissa choisissant leur vie nomade sur leur voilier, d’un Mark et Inga qui quittent leur confort financier pour faire leur maison au Colorado, d’un Grant et Karen qui choisissent un modèle de vie et d’éducation, plutôt que de développer le potentiel de la société de Grant, d’un Karen et Ted qui vendent leur entreprise et quittent l’Amérique pour les îles Fidji par souhait de changer de vie,d’un John et Tricia qui quittent tout et débarquent au Canada pour la première fois avec bagages et bébé en route…les différents portraits du blog, tous à leur manière, apportent de beaux exemples de ce déterminisme, qui se traduit aussi par des modèles de vie particuliers, mais surtout par de belles personnalités qui nous ont donné de belles rencontres.

La troisième chose, c’est le constat que le détachement et la prise de recul sont une sacré épreuve, et que l’éloignement ne suffit pas. J’ai le sentiment de ne jamais avoir réellement décroché, mais de m’être plutôt placé dans une continuité de pensées par rapport à mes préoccupations de départ. A cela plusieurs explications : le fait de n’avoir pas quitté l’entreprise et par conséquent d’être resté constamment branché avec les soucis, notamment économiques, et surtout le fait d’avoir vécu la « crise de la dette », comme un spectateur impliqué, avec les médias déversant tous les jours leurs flots de catastrophe. Je suis en effet passé de celui qui n’avait pas le temps de suivre ses affaires à quelqu’un de « surinformé », tant est que l’information qu’on nos délivre soit de qualité. Autant je n’avais pas perçu l’incidence réelle de la crise de 2008 sur notre économie et notre épargne, autant j’ai sans doute trop passé de temps à suivre celle de 2011, mais sur le tard, quand il n’y avait plus rien à faire… S’il était besoin, je suis à présent complètement désillusionné par rapport au modèle économique actuel. Si le rêve et le seul modèle économique  c’est la croissance, alors nous nous préparons quelques réveils difficiles. Il est absurde mais vrai que le CAC 40 a pesé lourd sur mon mental de voyageur et sur mon détachement. La crise actuelle fait partie des peurs du retour, comme une crainte de retrouver un certain marasme ambiant, après le dynamisme économique de l’Australie par exemple. Au fur et à mesure que mes actions d’épargne entreprise perdaient jusque 25% de leur valeur,  mon moral de voyageur souffrait également, j’espère simplement qu’il ne continuera pas à être indexé aux courbes du CAC 40. Il faut donc se tourner vers d’autres choses, et rester simplement « pendu » à l’évolution d’une macro-économie européenne semble peu enthousiasmant, pour ne pas dire plus. C’est un paradoxe, mais j’ai très surement vécu la crise de la dette avec beaucoup plus de forces que si j’étais resté en France en 2011…

La quatrième chose pourrait s’appeler la « découverte du Pacifique » : nous l’avons traversé, suivi, côtoyé la majeure partie du Voyage, des USA jusque au Japon. Nous en avons respîré les effluves et admiré les lumières de façon précise en Tasmanie (les puristes me diront que c’était alors la mer de Tasman…), nous nous y sommes trempés dans de nombreux endroits. Nous avons aussi suivi un « circuit des baleines » : sans jamais les voir, nous avons très souvent été dans des endroits ou leur observation était possible. Le pacifique est un fabuleux océan, fascinant, qui relie des territoires si différents…et transporte un flux de marchandise proprement inimaginable d’un continent à l’autre.

La cinquième chose tient surement à l’influence de ma femme : la prise de conscience de la « malbouffe », et de ses conséquences sur la population mondiale. Quel gâchis que tous ces jeunes que l’on envoie à un futur difficile dès leur plus jeune âge, dès le lait en poudre sucré abondamment et les premières céréales !! L’intensité du problème de la malbouffe et de l’hégémonie de grands groupes alimentaires qui nous empoisonnent est incroyable. Nous avons de la chance d’habiter en France, nous sommes touchés avec un peu de retard et notre culture nous préserve un peu… quel tristesse que ces adolescents qui ne connaitront jamais le plaisir de courir sans effort, ces supermarchés ou il est devenu impossible d’acheter local, nature ou sans sucre. Nous avons mis à profit ce voyage pour essayer de manger sainement, j’ai perdu des kilos sans me restreindre, et mon appareil digestif est en bien meilleur état qu’il y a un an. Mais au prix d’efforts importants, tant la culture de l’alimentation saine a encore beaucoup de chemin à faire dans les pays visités. Heureusement, il y a aussi des contre-exemples, comme ce que nous avons vécu à Portland ; mais un équilibre est loin d’être atteint. Comment se fait-il qu’avec l’état des connaissances actuelles, autant d’industriels continuent de nous empoisonner impunément ! Dernière anecdote à ce sujet, la colère de Karina devant le repas « spécial enfant » servi par British Airway : une vrai éducation à la malbouffe, industrielle et porteuse d’obésité.

Le sixième point qui me vient à l’esprit est le corrolaire du cinquième : s’il n’y avait qu’une seule priorité à donner pour le développement durable, alors donnons là à l’éducation.

école steiner à Perth

Nous avons eu de beaux exemples d’éducation, de prise en charge des enfants avec de vrais messages et de la manière dont les jeunes enfants sont un trait d’union entre individus. Julia nous a servi de passeport tout au long du voyage, elle nous a donné la majeure partie des rencontres qui ont ensuite été parfois assez loin. Si on se ramène à un de mes principes favoris, le vrai pouvoir est celui du consommateur et celui de l’électeur. Alors formons des consommateurs intelligents, et des électeurs capables d’obliger les politiques à donner les vraies priorités (tiens donc ?). Nous sommes la génération qui a pris connaissance du problème, espérons que nos enfants seront, au plus tard, celle qui infléchira les courbes vers le désastre. Car le degré de sensibilisation de notre génération à l’impasse que nous nous préparons est peu enthousiasmant. Nous pratiquons encore trop souvent la politique de l’autruche, et les mentalités n’ont fait que commencer certains virages. Alors il faut commencer le plus tôt possible, et les professeurs des écoles que nous avons côtoyé font un sacré bon boulot. Vivement que les enfants d’aujourd’hui  deviennent adolescents rebelles ,mais éduqués et pleins d’idéaux ; obligeant leurs parents à ne pas confondre la taille du 4*4 et le nombre de salles de bains avec la valeur individuelle des personnes!!

Et puis bien sûr, il y a les yeux de Julia…

une petite fille qui sait y faire avec son papa…

ce temps privilégié en famille, ce partage journalier d’une proximité et d’une liberté d’action, mais aussi des contraintes de rythme d’être avec une petite fille que je n’appréciais pas de la même façon à Cervens. Julia a beaucoup changé. Dans quelques heures, ce sera certainement un choc pour sa « mamie-joe » : elle est devenu très espiègle et joyeuse, elle comprends tout, et use de façon experte de sa petite moue et d’un talent marqué pour la comédie. Julia parle maintenant un bon français, se débrouille en polonais, et a un degré de compréhension étonnant en anglais !!Lybbie me disait que les jeunes enfants étaient des « aspirateurs de savoir », elle a au-combien raison…nous avons fait une belle équipe familiale, la proximité journalière continue a été en soi un des challenges du voyage, créant de nombreuses tensions mais aussi de multiples moments très riches, ainsi que surtout un bagage commun que nous avons forgé pendant 11 mois, et qui fait maintenant partie de notre patrimoine familial, comme une vrai richesse. Enfin, Julia a maintenant plusieurs mamies, beaucoup d’amis, et compte-tenu des dettes d’amitié que nous avons contracté ,nous n’avons pas fini de recevoir des amis « oversea », pendant de longues années encore ! le voyage n’est donc pas fini, il ne fait que continuer d’une autre manière….

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Comme dans le kaléidoscope

Comme dans le kaléidoscope . Proposé par Karina.

  Nous sommes dans l’avion, notre mois au Japon est maintenant achevé. Le premier mot qui me vient à l’esprit pour résumer ce pays étonnant est le kaléidoscope : comme le petit jouet offert hier à Julia lors d’une invitation par une famille de Tokyo.
Mille couleurs, milles facettes, émerveillement, sourire d’enfant. Les Japonais, bien que dans un monde très rapide, high tech, en béton, sont aussi des parfaits enfants ! Ainsi Julia a été gâtée tous les jours par des petites surprises, trouvailles, cadeaux lui donnés souvent par les inconnus…tout comme la petite fille qui m’habite toujours ;-) Que du plaisir pour les yeux, de petites attentions, le gout du détail, du petit, du joli partout.
Nous revenons alors inspirées pour notre reprise à la maison avec Julia ! Quelques exemples du quotidien japonais qui nous ont plu :

          le jardin qui s’invite à chaque repas, avec les fleurs fraiches et dans l’assiette, la vaisselle belle comme une dinette et les plats colorés en petites portions ; chaque « ménagère » se fait fierté de sa poterie originale et originelle pour servir comme tasse, assiette, soucoupe, pose baguettes, vase…

          de belles fêtes, fréquentes, pour célébrer la vie, comme le 5 mai – jour de l’enfant ou le 7 juillet – le jour des vœux où chacun peut écrire son rêve sur un petit papier et l’accrocher à l’arbre – il se réalisera surement…

          l’origami- l’art de faire des miracles avec du papier coloré (une belle alternative aux jouets en plastique et la tv) et ikebana – l’art floral qui à part d’embellir la maison permet de passer un moment de création et de tranquillité

          les habits des Japonaises, de leurs enfants et…de leurs chiens.  Je crois que nous n’avons jamais vu une femme en jean et T-shirt ! toujours un beau chemisier, une dentelle (nous avons aimé les chaussettes !), un foulard ou une décoration dans les cheveux avec la fleur du moment, les chaussures toujours impeccables, comme si elles sortaient du magasin…le kimono traditionnel, nous l’avons vu très souvent dans les rues.  Et Julia a le plus aimé des mini vêtements pour les chiens miniatures.

          des beau tissus ne servent pas uniquement pour en faire des vêtements et de nappes, c’est aussi un art d’apporter de la douceur aux choses banales comme des barquettes de pique-nique, de bouteilles d’eau qu’on prend pour la journée, de boites de mouchoirs…

           des lampions, des lanternes, des carillons et de multiples « suspensions » de petits objets porte-bonheur – ce que nous avons eu le plus l’envie d’importer dans notre verger J

Merci au Japon pour cette inspiration colorée qui animera notre home sweet home dès notre retour !

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Le Japon, en synthèse…

lundi 30 avril 2012. Le Japon, en synthèse…
le pays des cerisiers

nous arrivons à la fin de notre tour du monde, qui s’est achevé par un mois bien occupé au Japon. C’est difficile d’en faire une synthèse, mais j’ai tout de même quelques idées qui me trottent dans la tête…

  Tout d’abord, le choix du Japon pour finir était peut-être peu judicieux : le Japon est fatiguant, de par l’importance des déplacements, la perte de repères, le changement d’alimentation, et la pression de la ville et du monde. Je pense que le Japon en début de voyage peut constituer un sas intéressant pour « larguer les amarres », et que initialement l’idée de finir par la Grêce n’était pas  en soi une mauvaise idée, nonobstant les évènements récents qui nous auraient tout de même conduit à annuler ce pays ! je conseille au voyageur qui prépare une boucle de se ménager une destination plus paisible pour la fin, et de garder le japon pour une fois où il l’appréciera d’avantage ou le début du voyage. Nous avons revu à la baisse nos ambitions, et certainement manqué un peu d’ardeur pour profiter des jolies choses qui étaient accessibles. Par contre, le mois d’avril est le meilleur mois de visite ! les japonais vouent un véritable culte à la floraison de printemps (en particulier pour les « Sakuras », gros cerisiers), et l’été est paraît-il difficile à supporter, chaud et humide.

       L’une des raisons pour lesquelles je tenais à ce pays est les évènements de l’année dernière : je voulais voir comment l’on se relève d’une épreuve pareille. Le sujet n’est pas facile à aborder, et j’ai retenu plusieurs choses : premièrement, le japon a à l’évidence un chemin très important à parcourir vers l’efficacité énergétique. Je suis en particulier sidéré de voir la qualité de construction de nombreuses maisons, en particulier les anciennes : elles tiennent pour moi de la boite d’allumette, ouverte à tous vents , et l’isolation est très faible voire inexistante ! peu de vitrages corrects dans les maisons visitées, une grande légèreté de construction, et un état général très moyen. Il semble que sauf pour les temples et buildings, on ne construit pas pour durer, et les maisons individuelles sont quelquefois de vrais passoires. Les systèmes de chauffage sont archaïques, principalement petits appareils individuels gaz ou électricité. Le japon a un vrai souci de mise en conformité de son habitat pour viser une meilleure efficience énergétique, et j’ai souvent mal compris comment les gens faisaient pour vivre dans des maisons qui doivent être très inconfortables thermiquement l’hiver. deuxième chose, le Japon a effectivement un gros problème énergétique : il possède beaucoup d’industries, et la demande globale est maximale l’été, avec la climatisation. Suite à Fukushima, la majorité des centrales atomiques sont arrêtées pour inspection de sécurité. Elles constituaient environ 35% de l’apport global, le japon va vers une pénurie certaine, et il n’est bien sûr pas au programme de maintenir à l’arrêt ces centrales, même si le peuple japonais le souhaite dans une majorité (dixit les personnes interrogées). L’une des personnes m’a même confié que certains industriels commençaient à exporter leur fabrication, pour fuir la pénurie énergétique qui ne leur apportait plus suffisamment de garanties  pour l’avenir de leur industrie japonaise. Le problème est donc complexe, le Japon ne peut pas effectuer une transition globale, et je n’ai pas eu connaissance de décisions fortes de mutation énergétique

  Le stress du tremblement de terre est toujours là… A Tokyo, la terre tremble une fois par semaine en ce moment, et hier soir nous avons nettement ressenti une secousse dont l’épicentre se situait près de Tokyo mais à grande profondeur. (magnitude 5,9) J’ai vu débarquer Karina en pyjama, affolée, dans le hall de l’hôtel ou je travaillais, car au huitième étage ça « tanguais fort » !! Le japon est vraiment dans une position particulière, et demain tout peut basculer si le « big one » arrive. Par contre, les japonais maitrisent bien la construction antisismique, et ils « vivent » avec ce stress permanent.

    L’impact économique du tremblement de terre est venu se rajouter à une conjoncture peu favorable, le japon, comme l’Europe, souffre. Mais l’un des impacts majeurs est la baisse très forte du tourisme ! beaucoup de japonais nous ont spontanément remerciés de venir les voir, de ne pas céder à la psychose. Je ne peux que témoigner que tout continue comme avant, les normes sanitaires sont fortes, tout est en place, et les Japonais ont besoin du tourisme pour les aider à supporter la crise. Venez au Japon, vous serez d’autant mieux accueilli, et le « bien » était déjà beaucoup !!

       Le problème principal du Japon est démographique :

pas assez de jeunes au japon?

les courbes de naissance ne sont plus assez dynamiques pour offrir un dynamisme économique au Pays. Ceci dit, c’est quelque chose qui ne se sent pas quand on visite : la densité de personnes est telle, les jeunes sont omniprésents, et on ne ressent absolument pas ce problème. Il semble que ceci puisse être relié à un problème plus sociologique : comment la civilisation japonaise, avec ses codes de conduite et sa réserve, s’adapte à l’évolution mondiale ? il apparaît un contraste fort entre ce que l’on ressent en touriste , et la réalité :

Le touriste européen est admiratif devant la façon dont cette société est « ordonnée », policée et aimable : pas de violence apparente, une patience et une gentillesse infinie, un niveau de service et d’attention à l’autre qui nous apparaît comme extraordinaire, nous les français latins et bruyants. Je me suis souvent surpris à auto-critiquer la façon dont nos attitudes tranchaient avec celles des japonais dans nos visites : toujours excités, pressés et bruyants, nous ne passions jamais inaperçus au milieu des japonais. Hyper-réactifs, nous nous démarquions largement de la quiétude apparente des japonais, qui ne manquaient pourtant pas d’efficacité. Je ne parle même pas de l’attitude contrastée de Julia, s’exclamant, criant, pleurant, bondissant sur les sièges, devant des petits japonais impassibles aux côtés de leurs parents !! mais que vaut cette attitude que l’on pourrait qualifier un peu vite de « zen » ?

La réponse est complexe, mais je livrerais quelques rudiments de discussions glanés ça et là : l’attitude en public des japonais est avant tout dicté par des codes d’honneur. Ainsi, le petit enfant sait que son attitude doit avant tout éviter à ses parents un sentiment de honte en public. On ne doit pas manifester ses émotions, et une attitude normale demande de savoir rester impassible, sourire aimable aux lèvres. Mais que fait le japonais de ses émotions, non exprimées ? je suis frappé par plusieurs choses : tout d’abord d’avoir appris que le taux de suicide des jeunes est l’un des plus élevés du monde. Les japonais sont également très nombreux à vivre seuls, et ne pas souhaiter un conjoint ou des enfants (ce qui participe au problème de démographie).l’un de nos hôtes côtoyant des jeunes nous témoignait combien était surprenante et inquiétante une certaine crise de la parentalité chez ceux qui choisissaient de vivre seuls. De plus, une violence se dégage du dessous des cartes : violence présente par exemple dans les programmes d’animations pour les enfants ( nous sommes tous un peu des enfants de « Goldorak »… !) qui tranche par exemple avec ce que l’on a connu en Australie .Violence sonore et visuelle du « Pachkino », casino à la japonaise, sorte de bandit-manchot –flipper : ahurissant de voir le volume sonore dans ces établissements, et les files d’attente le matin pour espérer avoir une place ! par contre, aucune violence ressentie dans les rues, un sentiment de grande sécurité partout, pas d’agressivité à notre encontre, à aucun moment, pas d’agressivité comportementale ou vestimentaire. Je sais qu’elle existe, mais nous ne l’avons pas rencontrée.  

 J’ai apprécié la découverte du Japon, mais c’est sans doute le modèle de société ou je me sentirais le moins à l’aise, dans tous les pays visités. J’admire ce que j’ai vu, mais je ne l’envie pas. Les japonais me sont éminemment sympathiques, mais je ne me sens pas confortable au japon.

Un contraste me paraît étonnant : celui des témoignages d’une culture aussi raffinée et subtile, telle qu’elle apparaît dans les temples, les parcs et les jardins, l’art floral et vestimentaire, avec la réalité des villes au quotidien, grises et efficaces . je pourrais leur opposer l’une des villes qui nous a le plus marqué : Sydney, avec sa douceur de vivre méditerranéenne, ses nombreux quartiers chaleureux. Dans le bus qui nous emmenait vers l’aéroport, nous avons cependant découvert un des aspects de Tokyo que nous n’avons pas eu le temps de visiter : Tokyo la monumentale, avec l’enchevêtrement de ses routes, ses voies ferrées, ses gratte-ciels, et ses fleuves. Une densité incroyable, une vitalité extraordinaire…

 Je finirais ce survol en mentionnant les réactions de surprise des japonais quand nous expliquions avoir pu décrocher un an pour ce voyage : déjà pour eux, un mois au Japon leur paraissait extraordinaire, alors quand nous expliquions qu’en fait nous voyagions depuis juin l’année dernière… ! pour eux, un voyage en Europe c’est guère plus d’une semaine, et s’arrêter un an leur paraît impossible, tant financièrement que techniquement. A ce sujet, le Japonais travaille toujours beaucoup, beaucoup plus que ses horaires « normaux », sans rien demander, mais ceci semble tout de même évoluer chez les jeunes, et en particulier les professions de « cols blancs ». quand je demandais pourquoi le japonais travaillait autant, je n’avais jamais de réponse. En tous cas, ce séjour complète bien les autres, tant il permet une approche différente et un regard contrasté, autant sur les aspects de société, de culture ou d’urbanisme. Mais un mois ne permet pas une approche fine, loin s’en faut…

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Le cousin du Japon…

lundi 30 avril 2012. Le cousin du Japon…

MAsumi et Kenji

Nous aurons réussi un étrange exploit : celui de passer deux jours à Tokyo…sans visiter Tokyo !! Par contre, notre séjour aura été l’occasion de renouer avec le « cousin du Japon », et de passer un peu de temps avec lui :

Monique Jordan , cousine de mon père, tombe un jour amoureuse d’un beau japonais, et le suis jusqu’au Pays du soleil levant. De cette union naira Kenji (appelé aussi Daniel), qui viendra régulièrement passer quelques étés dans la maison familiale de Terrotet.

C’était il y a plus de 15 ans, et depuis cette époque les visites se sont espacées… c’est pourquoi j’étais content de le revoir Dimanche à notre hôtel, puis de passer quelques heures à discuter. Suit une proposition pour visiter la ville ou son épouse a ses beaux-parents, ville paraît-il attractive avec des quartiers historiques.

Nous avons décidé de préférer le contact au tourisme conventionnel, et avons pris le train ce matin pour Kawagoe-Shi, à 1 heure de Tokyo. je retiens de cette agréable journée plusieurs choses : Kenji est importateur-distributeur de vin, et il confirme ce que j’ai ressenti dans de nombreux pays : le vin est en poupe, au Japon comme dans la quasi-totalité des pays que nous avons visité. Le vin est plus que jamais synonyme de convivialité, de plaisir et d’un certain « savoir-vivre », et les volumes consommés montent en flèche, parfois au détriment de la bière. Alors, comment continuer à investir dans le Vin ? au passage, coût du transport par bateau au Japon, depuis le Havre, en conteneur spécial tempéré : environ 20 centimes d’Euros par bouteille… !mondialisation quand tu nous tiens…les bateaux n’ont pas finis de franchir le Pacifique. Les Mœurs Japonais : encore une fois, comme Kyoko, Kenji nous confirme qu’il n’y a pas de raison spéciale qui freine un Japonais à inviter quelqu’un chez soi, simplement des habitudes différentes.

Masumi et sa famille, Kenji.

Nous l’avons expérimenté aujourd’hui avec un accueil plus que chaleureux de la maman de Masumi, son épouse :  invités pour boire un thé, en sortant d’un restaurant, nous avons en fait eu un deuxième repas, avec quantité de pâtisseries japonaises, Julia avait deux cadeaux qui l’attendaient, et nos hôtes ne savaient pas quoi faire pour nous faire plaisir…Par contre, il est indéniable que les deux freins majeurs à plus d’échange sont la taille plus que réduite des appartements (au Japon, tout est miniature, sauf les gares !!) et la timidité des japonais à s’exprimer en Anglais, même si souvent ils connaissent les rudiments. Et puis le Japonais aime sortir, aller au restaurant entre amis, ce qui évite de se poser la question de comment faire rentrer tout le monde dans une petite salle… nous avons fait un peu de « shopping » : jour férié, pas un seul magasin de fermé, et un monde incroyable dans les rues ! je ne sais pas si pour se délasser le japonais va au parc ou au shopping…mais le japon a la chance d’avoir un artisanat très qualitatif et vivant, dont nous avons retenu principalement la poterie, la porcelaine, et l’art de la bouche (quantités de sucreries, notamment à partir de fèves) Sinon, nous avons effectivement déambulé dans quelques belles rues, mais les villes japonaises sont majoritairement assez peu plaisantes, je dirais un peu « brutales » : efficaces, bétonnées et grises, avec un manque d’unité architecturale, le tout rythmé par quelques parcs et temples, qui sont souvent de grande qualité.

Alors merci Kenji pour cette belle dernière journée japonaise, merci à Masumi et sa famille pour son accueil, nous espérons vous rendre la pareille en France prochainement.

Les sacs sont faits, demain matin taxi puis bus pour Narita Aiport, puis 12h de vol pour Londres…pour boucler la boucle !!

 

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Une halte paisible avant le retour…

dimanche 29 avril 2012. Une halte paisible avant le retour…

Les "vitraux" de la salle de Yoga de Jun

nous avons quelque peu transformé la fin du voyage, en préférant la mer à la montagne…
en effet, force est de constater que mes femmes sont fatiguées, et en particulier Julia n’a pas l’entrain de naguère pour escalader les rochers !! dans ces conditions, il était hasardeux de s’aventurer dans de nouveaux déplacements vers les alpes japonaises, et sagement (pour une fois), nous avons privilégié la rencontre d’un couple australien-japonais, Lybbie et Jun, établis dans une jolie petite région près de Tokyo.

Aujourd’hui, en les quittant, nous savions que nous avions fait le bon choix…plus que l’endroit ou les visites que nous avons pu faire, c’est la qualité du contact avec eux qui nous a apporté. Ils méritaient donc un détour, et par là même un portrait…

photo "de famille" avec Lybbie et Jun

Lybbie a poursuivie des études d’art, et a voulu se spécialiser dans sa passion : la poterie. C’est pourquoi après avoir fini ses études supérieures, et notamment passé un an en France, elle s’embarque pour le pays roi des techniques de poterie : le Japon. Elle y apprend durant trois ans les ficelles de son art, et rencontre le beau Jun à la fin de son apprentissage…aujourd’hui Lybbie est professeur des écoles, et sa vie est japonaise.

Jun , originaire du quartier de Shinjuku ou nous sommes actuellement, est un homme surprenant, aux multiples talents. Pour ce qu’il a bien voulu nous révéler ou nous montrer, j’en retiens une grande habileté manuelle, notamment mise au service de la rénovation d’un bâtiment devenu une superbe salle de Yoga, des talents artistiques (danse, guitariste passionné) et surtout…un physique exceptionnel de celui qui est devenu récemment un yogi confirmé.
L’histoire est intéressante :
il y a quelques années, Lybbie et Jun ne veulent pas tomber dans une routine trop écrasante. Ils décident de s’octroyer une pause, et entreprennent un voyage de 9 mois en Amérique du sud. Bourlinguant entre Pérou, Bolivie, Chili et Brésil, ils vivent une belle parenthèse mais le retour est difficile : plus d’argent dans les caisses, et le moral en berne pour Jun qui peine à retrouver une situation correcte. Il effectue « une traversée du désert », et cherche des moyens de se remettre en selle. Ce sera le Yoga…par l’intermédiaire d’un ami, il entend parler des bienfais d’une pratique régulière, emboite le pas, mais nul doute que l’élève a dû rapidement dépasser le maitre. Car après un séjour à San-Francisco, pour apprendre l’enseignement du Yoga, Jun revient au Japon, en ayant oublié son malaise de départ, et le couple décide de se lancer dans la création d’une école.

le vieux shed est devenu une superbe salle de yoga

Aujourd’hui, Jun a fini la rénovation d’un vieux « shed » en salle de yoga, et nous a offert un cours particulier de yoga « ashtanga ». ce fut pour moi une sacrée claque… ce yoga est très athlétique, et comporte notamment des « asanas »(pauses) difficiles à exécuter. La dextérité et la souplesse de Jun sont ahurissantes ! il nous a fait, en plus d’un excellent cours, une démonstration de maitrise de soi et de contrôle de son corps. J’ai également découvert un yoga qui me convient bien : très énergique, peu « spirituel » mais tourné vers le développement personnel, physique et psychique. J’ai découvert que le yoga a un but essentiel : la pratique de la méditation, comme recentrage sur soi. Les mouvements des yogistes ne constituent qu’une préparation pour aboutir ensuite à cet état mental et physique d’écoute personnelle et de maitrise de soi. Alors le Yoga, art de vivre, puissant anti-stress, et pratiqué régulièrement contribution importante à notre état physique et psychique de forme. J’en suis venu à me demander si la souplesse physique était le reflet de notre souplesse mentale… j’ai encore bien du boulot, malgré d’indéniables progrès durant le voyage, au prix d’une pratique régulière d’assouplissements !!! Mais je me soigne… pour en savoir plus sur le yoaa ashtanga:http://www.ashtangafrance.com/ashtanga-yoga/

Pour le reste, l’hospitalité et la simplicité de Lybbie et Jun sont une belle expérience :

même le chat a trouvé ce séjour confortable...

nous avons fait un deal assez simple, ils nous logent et Karina cuisine ! (et moi je joue de la guitare…) très occupés durant notre séjour, pour cause de festival d’art dont ils faisaient partis, nous avons eu peu de temps de discussion, mais le peu était de qualité. Nous avons surtout apprécié un endroit confortable pour souffler un peu, et je crois qu’ils ont apprécié la cuisine de Karina ! Enfin, cerise sur le gâteau, j’ai profité de l’environnement chaleureux de la salle de yoga (ainsi que de deux journées de mauvais temps) pour finir l’un des buts que je m’étais fixé : enregistrer une partie des morceaux que je « rabâche » depuis ces 10 dernières années. J’ai donc fais une cure de guitare, sous le bruit de la pluie.

Maintenant, place à l’ambiance très occupée de Shinjuku, dernier jour demain avant de reprendre l’avion pour l’Europe…

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Rester Zen…

 

jeudi 26 avril 2012. Rester Zen…

un voyage est fait de rencontres, d’opportunités. CE mercredi, dernier jour à Kyoto, j’en ai saisi une qui m’a emmené assez loin, en si peu de temps : une initiation au boudhisme ZEN. Comme j’entends déjà les grands-mères s’affoler « ciel, il est tombé dans une secte », je vais essayer d’aller droit au but pour endiguer leur inquiétude croissante :

L’homme de la renaissance avait inventé le « mens sana in corpore sano ». Mais que sont devenus ces principes ? comment, au-delà des clubs de fitness, prends-t-on soin de la bonne combinaison entre son corps et son esprit ? j’en ai appris un peu plus ce matin : face à une surexcitation croissante de notre vie quotidienne, constamment soumis à des sollicitations multiples (les jeunes japonais sont en particulier redoutable dans ce chapitre, avec leurs jeux imbéciles sur leurs téléphones portables qui en font des zombis ambulants), comment et quand prenons nous le temps de « l’adaptation » ? le cours de ce matin avait pour but de nous faire réaliser l’importance d’un temps hebdomadaire consacré à faire le lien entre notre corps et notre esprit, à travers la pratique quotidienne de la méditation.
D’abord le déroulement pratique : arrivé 10mn avant le début (et oui, ça arrive !!), temps de discussion avec les autres participants. Nous sommes 5, les 4 autres sont australiens. Puis le moine instructeur nous emmène dans une belle salle, sur des tatamis, avec une sorte de mini-futon qui permet de s’agenouiller en posture avec les fesses légèrement plus hautes. Il présente tout d’abord le concept essentiel de sa religion : l’impermanence. Tel que compris et traduit par votre serviteur, ça donne ceci : nous passons beaucoup d’énergie à essayer d’anticiper sur le futur, à imaginer et réfléchir à notre adaptation à venir. Or, le présent devient l’instant d’après le passé, mais nos actions présentes font continuellement évoluer le déroulement des choses, tous nos actes de l’instant conduisent à modifier les conditions du futur que nous rencontrerons, comparativement à l’idée que nous nous en faisons au moment ou nous y pensons. C’est l’impermanence : tout évolue, en permanence, sous nos actions de l’instant présent. Et le moine de nous inviter, en conséquence, à plus méditer sur l’instant présent, plutôt que de perpétuellement songer au futur, consacrer davantage d’énergie à être présent , maintenant, et réfléchir à « comment rester sur notre chemin ». l’exercice de la méditation a pour but de nous offrir un temps pour permettre à l’esprit « d’imprimer les informations nouvelles », pour mieux pouvoir ensuite les digérer et les traiter. Le moine compare l’exercice de la méditation avec les conditions rencontrées lors du demi-sommeil, avec ses images mentales.
Suit ensuite un premier temps de méditation de 20mn : posture confortable (indispensable au lâcher-prise), puis il faut laisser son esprit vagabonder, ne pas chercher à le cadrer, ne pas bloquer ses images mentales, mais aussi ne pas réfléchir. Pour moi, une vrai gageure… d’abord parce que ma souplesse légendaire rends ma position en tailleur  
difficile, malgré un entrainement assidu de souplesse ces derniers mois, et que l’ankylose s’installe peu à peu. Ensuite parce que la volonté de ne pas réfléchir me conduit à « bloquer mon esprit et mes pensées », je pense à ma respiration mais à côté c’est un peu le tableau blanc…puis la cloche sonne à nouveau. Après un intermède ou les explications vont plus à quand, comment et où méditer, second temps de méditation. Cette fois, c’est plus serein, mais pourtant les pensées ont nettement repris le dessus, pour échafauder des projets futurs…

l'esprit zen...la pofondeur des sillons varie suivant les saisons, de manière à adapter les effets d'ombre obtenus à la hauteur du soleil...

Nous finissons par une visite du temple, et des explications sur les fameux jardins zens : contrairement à mon métier qui est d’aménager des lieux pour « être », si possible s’asseoir et demeurer, le jardin Zen se veut une « mise en scène », un décor au service d’un état d’esprit. Il n’est pas fait pour demeurer, mais pour être regardé. Ceci s’applique aussi aux fameux jardins japonais des maisons privatives, ils sont à regarder par la fenêtre… D’ailleurs, le moine nous fait remarquer que au japon les parcs comportent rarement des bancs. En effet, il n’y en aurait pas assez pour tous les japonais, vu la densité et la fréquentation! Alors un parc est fait pour offrir un décor, pour regarder, pas pour « être ». C’est aussi une question de culture, au-delà du manque de place !

visite d'une salle de culte familial

Je suis aussi interpellé par les explications concernant le bouddhisme Zen : il n’y a pas de leader religieux, pas de « dieu », le moine me fait remarquer que le besoin d’un dieu est un réflexe très judéo-chrétien ! la religion Zen est d’abord pensée comme une manière de vivre et d’aborder les choses, pas comme le culte d’une divinité. Sont bien mis en valeur les grands penseurs, les anciens qui ont apporté (par exemple le fondateur du temple) mais pas les dieux… ainsi, le boudhisme Zen japonais est une manière d’aborder la vie, considérant le besoin de l’homme d’avoir une religion pour se donner des repères. Intéressant de comparer cette démarche à notre culture chrétienne !! je fais instinctivement un parallèle avec les différentes religions que nous avons croisées dans ce voyage…Le moine terminera par la citation d’un « sage » : « si tu trouves Bouddha, tue Bouddha ». en, effet, le but de la religion n’est pas d’accéder quelque part, mais d’être toujours en chemin… !

la gare majestueuse de Kyoto

Un bel épisode, avant de retrouver le chemin de la gare majestueuse de Kyoto, et mes femmes qui m’attendent pour monter dans le shinkansen, destination Zushi et nos futurs amis Lybbie et Jun, couple australo-japonais recommandé par Nick et Melisa.

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